Réflexions vénusiennes



Venus achève sa rétrograde et passe direct ce 28 janvier 2022. Ce qui m’amène à poser des mots sur cette période que j'ai vécu de façon vraiment intense au niveau de mes relations avec les autres. Ces quelques semaines ont engendrées chez moi une énorme transformation et une grosse remise en question des personnes dont je m’entoure.


Au niveau amical, certains que je connaissais depuis des années ont tout simplement disparus, quitté ma vie du jour au lendemain, parfois avec fracas, insultes et autres mots pas toujours très sympas. Mais c'est la vie. Parfois elle n'est pas tendre et les blessures de chacun qui nous poussent à agir de telle ou telle façon sont comme des pavés que l'on se prend en plein visage au moment où on s'y attend le moins. Je pense qu’une façon de mieux le vivre est de rester détaché au maximum et de bien comprendre que les blessures et les peurs des autres sont projetées sur nous de manière souvent inconscientes.


Prendre du recul. Observer. Ne pas s'attacher à ce qui est dit mais comprendre le sens plus profond. Et surtout revenir à soi pour en assimiler les leçons.


Ainsi, dans ce grand melting-pot d'incompréhensions les plus totales entre moi et certaines de mes connaissances, j'ai pu voir des personnes blessées par mes propos, mes attitudes, mes faits et gestes. J'ai entre-aperçu le clivage qui s'est formé entre deux personnes aux réalités différentes. Et si jusqu'à présent, j'essayais de continuer à garder certains liens pensant qu’au vu ma personnalité et de mon adaptabilité, j’étais capable de concilier des amitiés avec des personnes complètement différentes de moi, la vie m'a montré ces derniers mois que parfois il faut savoir se défaire de certaines relations car elles deviennent toxiques et étouffantes.


Apparemment j’étouffais pas mal de monde.


Être sur un chemin d'élargissement de la conscience et de la pensée requiert une remise en question permanente du Soi, être capable de recul et d'auto réflexion. Non seulement tout le monde n'emprunte pas ce chemin, mais certaines personnes ont une limite à ce qu'ils peuvent conscientiser là maintenant tout de suite. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le feront pas plus tard mais parfois là maintenant, ce n’est tout simplement pas possible. Les êtres ne se comprennent plus et c’est la rupture, parfois faite de reproches. Les ruptures en conscience et dans l’amour de soi et de l’autre ne se font pas avec tout le monde.


Pour celui qui veut voir et comprendre, se prendre des mots blessants dans la figure et s'entendre dire ses quatre vérités est un cadeau divin même si sur le coup il fait mal à l’égo.


Ainsi, j'ai été forcée à voir. Voir où ça fait mal, où et quand je fais du mal, quels propos et positionnements ne sont pas ou plus adaptés, quels sont ces mots qui blessent et ces comportements qui ne sont pas appropriés. Réaliser que je me comporte comme une vraie connasse parfois, même si la plupart du temps je le fais inconsciemment. Se prendre des retours karmiques dans la figure malgré toute la bonne volonté. Ca remet en place.


Il n'y a rien de pire pour moi que de faire du mal aux gens. Mais me rendre compte que j'ai blessé quelqu'un n'est pas facile car j'ai tendance à nier (ah le déni), à rejeter la faute sur l'autre (ah la victime), à fuir la situation (auto-punition avant même d’être punie), ect... Mes mécanismes pour échapper à toute confrontation sont nombreux.


Mais voilà, ce n'est plus le chemin que j'emprunte. J’affronte. Car dans mon envie de ne pas blesser l'autre, réside celle encore plus grande d'être la meilleure version de moi-même. Et je le fais non seulement pour moi, car même si j'aime la personne que je suis avec mes qualités et mes défauts, être une bonne personne qui agit avec amour, douceur et compassion est ce que je cherche à Être. Mais aussi pour les autres car je crois sincèrement que notre monde a vraiment besoin d'un changement et qu'il passe par aimer les autres inconditionnellement avec leurs qualités et leurs défauts aussi. Donc accepter ses parts sombres c'est avoir l'opportunité de choisir consciemment notre comportement, de choisir consciemment nos mots pour qu'ils reflètent le plus la réalité que l'on veut voir émerger sur Terre et d’accepter que l’autre nous renvoie nos propres failles pour nous aider à nous transformer.


Ces dernières semaines m'ont également apprises à poser des limites à ce que j'accepte de l'autre ou pas. Ainsi, je sors de cette rétrograde avec une toute nouvelle vision de l'amitié, une idée plus claire de ce que je partage, comment je le partage et avec qui. Au final, tout est une question de se respecter soi et les autres dans l'amour inconditionnel le plus grand. Et puis savoir quitter une situation qui ne nous met plus en joie avec grace, c'est à dire sans jugements ni remords. Exprimer donc sa vérité avec amour et compassion.

 

Au niveau familial, là aussi il y a eut de grands changements, comme une acceptation totale de la différence entre les membres du clan. Il m'est paru clair que si j'ai en horreur qu'on me dise ce que je dois faire ou penser, j'avais encore tendance à vouloir influencer les autres sur leurs choix et pour cela j'utilisais des tactiques pas très sympas comme l'emploi de la peur ou d'arguments irréfutables pour faire comprendre à l'autre qu'il a tord et qu'il devrait penser comme moi. Pas joli tout ça et en même temps, je dirais que je suis dans la mouvance car il n'y a qu'à ouvrir Internet pour voir ce phénomène se décliner sous toutes ses formes, plus abominables les unes que les autres.


Après quelques bonnes leçons d'humilité, j'ai décidé de quitter cette manipulation mentale de l'autre pour le laisser vivre tel qu'il le souhaite. Et ceci est passé par accepter que parfois la personne soit sur un chemin de destruction. Car s'il est souvent facile de voir l’autre entrer dans un espace qui ne lui apportera pas forcément du bien, ce n'est le role de personne que de le lui dire. La vie s'en charge déjà.


Par expérience, je sais que parfois on ne peut se sortir d'une situation que lorsqu’on a touché le fond. Les tentatives des autres de nous empêcher d’en arriver là ne servent généralement à rien. Voir la lumière vient de soi. Et lorsque l'on s’ouvre à la voir, l'aide arrive. En attendant, on pourrait éventuellement suggérer que dans la même situation nous ferions peut-être différemment mais seulement si la personne nous demande notre avis. J’apprends donc à me taire et ne plus donner le mien alors qu’on ne m’a rien demandé. Là il y a du boulot, j’ai un avis sur tout. Mais je me soigne ou en tout cas, j’ai à présent conscience du schéma donc je peux modifier la narrative.

 

Et enfin il y a les relations amoureuses. Là je pourrais en faire un roman puisque c'est mon sujet de prédilection. Et vu que ça l'est et que là haut ils le savent bien, je me suis retrouvée dans tout un tas de situations parfois cocasses qui m'ont poussées à repenser l'amour à deux et à ce que je veux manifester dans ma vie.

Étant en célibat assez stricte depuis 5 ans, avec seulement quelques belles leçons sur ce chemin, j'ai développé une certaine phobie de la relation amoureuse. La peur d'être rejetée, abandonnée, trahie, humiliée, rangée dans des cases que je ne veux pas, enfermée, privée de liberté, ect... Avec le temps ces peurs sont devenues de vraies terreurs dont je fais parfois des cauchemars horribles. Au fil des années, c'est tout mon corps, mon mental et mon esprit qui ont fait un blocage total à l'expérimentation de l'autre. Tétanisée face à l'autre qui est attiré par moi, face à moi qui est attiré par l'autre, face à une relation qui ne mènera nulle part, face à celles qui pourraient aller au bout du monde...


Et puis il y a eut comme ce gros coup de pouce de l'univers qui a du se dire que ça suffisait et qu'il était temps de shifter tout ça et tout un tas d'hommes fabuleux sont entrés dans ma vie. Des prétendants, des potentiels, des potes, de vrais amis, d'autres qui ne font que passer, des copies conformes de qui je suis, ceux avec qui la relation s'est transformée en quelque chose de pas très joli à voir, d’autre en magie, bien loin de tout ce que j'imaginais être possible dans une relation entre homme et femme. Tout un spectrum relationnel avec l'homme venu m'enseigner la libération, la liberté, le choix, la potentialité de ce que je peux manifester au milieu de tout ce brouhaha amoureux.


J'ai donc embarqué dans ma psyché, non plus pour lâcher des blessures passées mais pour les guérir en me débarrassant enfin de toutes ces peurs profondes. Et j'ai donc du toutes les affronter unes à unes, les regarder bien en face et comprendre enfin que j'avais le choix. Si par le passé j'ai eut une vie de souffrance avec les hommes c'est parce que je choisissais moi-même l'isolement et l'emprisonnement plutôt que l'amour. La complexité plutôt que la simplicité. La diminution de qui je suis et l'enfermement dans des cases pour plaire à l'autre plutôt que l'expansion de tout mon Moi et l'établissement solide du respect de qui je suis.

Puis, il y a eut ces hommes qui m'ont enseigné l'attraction. Avec certains, il y avait une attirance physique indéniable, ou alors nos cerveaux battaient à l’unisson, ou encore, la connexion que l'on pouvait avoir dans les mondes supérieurs étaient simplement bluffante. Et finalement, si l'union se résumait à une connexion parfaite entre l'âme, le corps et l'esprit de deux êtres ? Pour moi, cela m'est apparue comme une évidence. Si l'attraction physique est parfois bien réelle mais qu'il manque une connexion spirituelle ou une harmonie de la pensée avec l'autre, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose et je suis en perpétuelle recherche du "mieux", comme si je savais que ces 3 composantes étaient absolument nécessaires pour une relation épanouie. L'union divine entre deux corps, âmes et esprits qui se complètent.


Dans ma "recherche" ou plutôt tentative de compréhension de l'amour entre deux êtres, cette réalisation fut enfin une vraie libération. La souffrance dans la relation amoureuse serait ainsi un manque de connexion de ces 3 points importants qui sont l'union de l'âme, du corps et de l’esprit chez soi d’abord, avec l’autre par la suite. Et, bien décidée à ne plus expérimenter la souffrance, j'ai enfin établi des bases solides sur ce que je souhaite expérimenter. Je choisis donc la facilité, la simplicité, l'arrêt total de tomber amoureuse du potentiel d'une personne et non de ce qu’elle est réellement, d’aimer un coeur fermé à l'amour, quelqu'un qui ne me correspond pas sur tout les plans vibratoires.


Je choisis l’union, la douceur, l'amour, la conscience, la divinité. Je ne veux plus être la maman, l'enseignante, la soeur, la traîtresse... Je veux être moi, femme sauvage à la recherche constante de l'amour inconditionnel de moi-même et de l'autre et que la personne en face de moi soit mon parfait complément. Bien prétentieux tout ça…


Enfin, si deux êtres parfaitement compatibles pour mener une vie heureuse ensemble se rencontrent, qu'est-ce qui fait qu'ils vont choisir de s'unir ? Un soupçon d'alchimie peut-être ? Un coup de pouce de l'univers ? Lâcher les barrières de la peur de l'engagement ? De la peur que ça foire ? Qu'on se soit trompé ? De la peur de l'amour lui-même ?


Cette peur de l'amour... On le veut et c'est ce qu'on redoute le plus. Incroyable quand-même ?! L'être humain dans toute la beauté de sa complexité.


J'ai deux personnes qui m'ont dit ces deux phrases à peu de temps d'intervalle : la première fut à quelque chose près "j'aime passer du temps avec toi mais je ne veux pas trop te voir car je pense que tu es en train de tomber amoureuse de moi" et la deuxième assez similaire et qui est "je ne veux pas que tu tombes amoureuse de moi". Joli miroir de ma propre peur de l'amour au final.

Ces phrases ont fait buggé mon cerveau pendant un moment parce que de quel droit quelqu'un se permet-il de me dire ce que je dois ressentir ? J’ai tenté de faire le coup du “c’est celui qui dit qui est” mais de toute évidence, j'étais face à deux personnes au coeur fermé à l'amour ou en tout cas, fermé à Mon amour. Ainsi, il me paraissait absolument inconcevable d'ouvrir le mien d’où le non-sens de ces phrases qui ne sonnaient pas juste dans mon cerveau.

Je sais ce que c'est que de tomber amoureuse d'une illusion ou d’un potentiel. Et autant que possible, je ne choisis plus ce chemin, donc certainement pas une personne qui ne veut pas s’ouvrir à moi. L’union elle, requiert un tout autre amour, celui qui nous embarque dans une aventure à deux. Il faut donc être deux. Ca parait bête mais c’est aussi simple que cela. Arrêter donc de tomber amoureux de quelqu’un qui ne nous aime pas. C'est une question de respect de soi.


Ces expériences m’ont donc renvoyé à ma propre fermeture du coeur (on attire ce que l’on vibre) et cette peur terrible de l'ouvrir qui implique de s'être trompé, de souffrir de nouveaux, de se mettre à nu face à un destin absolument inconnu, de sortir d'une zone de confort bien trop confortable qui finalement ne nous met pas si à l'aise que cela.


J'ai donc compris que finalement, la dernière barrière à faire tomber était de l’ouvrir ce coeur, de laisser l'univers m'embarquer dans ce que je dois expérimenter avec la foi immense que je suis sur la voie de l'amour dans sa beauté la plus totale et que, si ce n’est pas le cas, la vie m’enseignera d’autres choses que je ne savais pas. Car si je n'ouvre pas mon coeur, la personne en face de moi ne le fera pas non plus. Et j'ai appris que montrer l'exemple à un impact bien plus grand que n'importe quelle leçon que l'on essaie d'enseigner. Et la bonne personne qui saura reconnaître la véritable ouverture du coeur saura s'y plonger dedans avec moi.

Finalement, je ressors de cette retrograde de Vénus avec la sensation de toucher du bout des doigts le doux manteau étoilé du cosmos et un savoir universel que j'ai cherché à comprendre pendant de nombreuses années. C'est extatique, passionnant, flippant et tellement beau que la gratitude que j'ai pour toutes ces personnes et ces leçons de vie est inestimable.

Et après tout, si la vie ce n’était pas tout simplement de laisser de coté toutes ces pensées, peurs, limitations de l’esprit, croyances, savoirs qui de toute façon sont en perpétuelle évolution, pour vivre, s’ouvrir, laisser la vie nous mener là où elle veut qu’on aille. Y-a-t-il vraiment une vérité dans tout cela ?


Ouvrir son coeur pour prendre le risque terrible d’aimer et d’être aimer. C’est beau, flippant mais la peur n’est-elle pas encore plus terrifiante et limitante ?


Nancy